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Un atout stratégique bien trop sous-exploité
Longtemps réduite à ses richesses naturelles et à son potentiel extractif, l’Afrique est avant tout riche de sa jeunesse. Près de 60 % des Africains ont moins de 25 ans – un avantage comparatif unique à l’échelle mondiale. Mais cet atout peut se transformer en risque si les systèmes d’éducation, de santé et d’employabilité ne sont pas adaptés pour en libérer la valeur.
Patrick Koffi Placktor, AfricSearch
Le capital humain ne se limite pas aux talents académiquement bien formés. Elle englobe l’ensemble des compétences, connaissances, aptitudes, savoir-faire et valeurs qui permettent à un individu d’être acteur de son destin, productif et engagé dans la société. Aucun des 17 ODD ne peut être atteint sans des progrès significatifs en matière de capital humain, notamment en Afrique. C’est un levier transversal, invisible mais essentiel, substantiel, qui conditionne la durabilité économique, sociale et environnementale.
Des défis structurels qui ralentissent l’impact
Si l’ambition est claire, le chemin pour y parvenir reste semé d’embûches. Les États africains consacrent en moyenne 4,5 % de leur PIB à l’éducation, un niveau encourageant mais largement insuffisant compte tenu des défis démographiques. L’enseignement supérieur reste un privilège pour une minorité : seuls 6% des jeunes Africains y accèdent, contre 40% en moyenne mondiale. La faiblesse des systèmes de santé génère une perte de productivité estimée à 3 % du PIB par an. Or, l’ODD 3 (santé et bien-être) conditionne directement la performance des économies. Les politiques publiques manquent encore de gouvernance intégrée du capital humain : peu de pays ont aligné leurs stratégies en matière d’éducation, de santé et d’emploi sur leur planification économique à long terme.



